Le protocole ARP expliqué : la table ARP et la commande arp -a

Correspondance entre identité réseau et matériel sur un réseau local

Sur un réseau local, les appareils se parlent avec leurs adresses MAC, alors que vous les désignez par des adresses IP. Le protocole ARP (Address Resolution Protocol) fait la traduction : il répond à la question « quelle carte réseau possède l’adresse IP 192.168.1.20 ? ». C’est un maillon discret mais essentiel de tout réseau IPv4.

Pourquoi ARP est nécessaire

Pour envoyer un paquet à une machine du même réseau, votre ordinateur doit connaître l’adresse MAC du destinataire : c’est elle qui sert à livrer la trame sur le câble ou le Wi-Fi. Or il ne connaît au départ que son adresse IP. ARP comble ce manque.

Comment ça marche en 4 étapes

  1. Votre PC (192.168.1.10) veut joindre 192.168.1.20 et consulte son cache ARP. Aucune entrée : il faut demander.
  2. Il envoie une requête ARP en diffusion à tout le réseau : « Qui a 192.168.1.20 ? Répondez à 192.168.1.10. »
  3. Seule la machine concernée répond directement : « 192.168.1.20 est à l’adresse MAC AA:BB:CC:DD:EE:FF ».
  4. Votre PC mémorise l’association dans son cache et envoie la trame. Les paquets suivants n’ont plus besoin de requête, pendant quelques minutes.

Pour joindre une machine hors du réseau local (un site Internet), le PC fait la requête ARP sur l’adresse de la passerelle (la box) et lui confie le paquet.

Voir la table ARP

La commande est la même sur Windows, Linux et macOS :

arp -a

Elle liste les adresses IP connues avec leur adresse MAC et le type d’entrée (dynamique si apprise automatiquement, statique si saisie à la main). C’est un moyen rapide de repérer les appareils qui ont récemment communiqué avec votre machine, et de retrouver l’adresse MAC d’une imprimante ou d’une caméra dont on connaît l’IP. Sous Linux, ip neigh donne le même résultat.

  • Vider le cache sous Windows (administrateur) : arp -d *.
  • Ajouter une entrée statique : arp -s 192.168.1.50 AA-BB-CC-DD-EE-FF.

Les problèmes courants liés à ARP

  • Conflit d’adresse IP : deux appareils réclament la même adresse ; Windows affiche « Conflit d’adresse IP ». Donnez une adresse fixe distincte ou réservez-la dans la box.
  • Entrée obsolète : après un changement de matériel, une ancienne association peut empêcher la communication. Videz le cache ARP.
  • Machine « invisible » : si arp -a n’affiche pas un appareil, c’est qu’il n’a pas encore échangé avec vous. Faites d’abord un ping vers son IP.
Lire aussi :  TCP ou UDP : quelle différence et lequel est utilisé pour quoi ?

ARP spoofing : le point faible du protocole

ARP n’a aucune authentification : un appareil malveillant du réseau local peut répondre à la place d’un autre et se faire passer pour la passerelle, pour intercepter ou modifier le trafic (attaque « de l’homme du milieu »). Signes possibles : adresses MAC identiques pour plusieurs IP dans la table ARP, ralentissements, certificats HTTPS qui avertissent. Pour s’en protéger :

  • n’utilisez pas de Wi-Fi public sans VPN ;
  • sur un réseau professionnel, activez l’inspection ARP dynamique (DAI) et le DHCP snooping sur les commutateurs ;
  • privilégiez toujours HTTPS, qui protège le contenu même si le trafic est détourné.

Et en IPv6 ?

ARP n’existe qu’en IPv4. IPv6 le remplace par le protocole de découverte de voisins (NDP), intégré à ICMPv6.

Questions fréquentes

ARP fonctionne-t-il à travers Internet ?

Non : il ne dépasse pas le réseau local. Les routeurs ne le transmettent pas.

Combien de temps une entrée reste-t-elle dans le cache ?

Quelques minutes en général (de 30 secondes à plus de 10 minutes selon le système), puis elle expire si elle n’est plus utilisée.

ARP utilise-t-il TCP ou UDP ?

Ni l’un ni l’autre : ARP fonctionne directement au niveau de la liaison de données, sous IP. Pour comprendre la différence entre ces protocoles de transport, voir TCP ou UDP.

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